Pourquoi j'arrête l'esthétique

Au revoir l’esthétique

 Mon histoire avec l’esthétique n’est pas nouvelle.
Et je ne compte pas faire de cet article , un pavé de plaintes. Je vais être transparente et objective       ( enfin le plus possible ).

Par où commencer …

 

Déjà sachez que je ne généralise pas tout ! J’ai connu des instituts et esthéticiennes merveilleuses.
Je ne vous déconseille pas non plus d’y aller !
Cela restera à jamais mon métier de cœur, et je partage des valeurs de l’esthétique comme la bienveillance , l’écoute, la douceur et j’en passe.
Je vous partage mon expérience assez désastreuse avec ce métier ( ou du moins avec mes consœurs car mon expérience au sein de mon propre institut était assez positive ! )
Sachez qu’il y a comme pour tout métier, des personnes honnêtes et gentilles et d’autres un peu moins et c’est d’elles que je vais vous parler ! Malheureusement j’ai plus rencontré ce genre d’individu au cours de ma courte  « carrière » mais cela ne veut pas dire que c’est toujours comme ça.
J’ai recensé plusieurs témoignages d’esthéticiennes qui comme moi sont dégoutées du métier et je me demande pourquoi alors les choses ne changent pas .
J’ai également plusieurs témoignages de femmes qui n’osent plus mettre les pieds en institut, et voici pourquoi :
bonne lecture .

 Mon parcours entre rêve et réalité amère 

J’ai toujours voulu être esthéticienne, enfin toujours depuis 10 ans parce qu’avant ça  je voulais être jardinière, vétérinaire, gérante d’un refuge pour animaux abandonnés ,photographe animalier et enfin phytothérapeute animalier ( oui c’est étrange je sais )  mais revenons au sujet principal qui croyez-moi est assez conséquent.

 

Il y a 10 ans environ, je devais me préparer à chercher un stage de 3ème (tu sais le stage où tu ne fais rien à part regarder et faire le ménage ).
Comme dit plus haut je voulais être phytothérapeute animalier ( en gros faire des potions à base de plantes pour soigner ton chien ) mais comme tu dois te l’imaginer, ce métier ne court pas les rues.
Si on avait été au moyen âge ( avant la chasse aux sorcières ) je pense que je me serais bien amusée.

Je me promenais donc sur le net en regardant des photos de stars que j’idolâtrais ( pas du tout flippant ) et je tombe sur une image d’un shooting visiblement assez peu coûteux ( fond blanc  et lumière de mauvaise qualité coucou ) et là mon regard se pose sur le maquillage de l’actrice . Je l’ai trouvé somptueux ( en vrai c’était un smokey banal mais j’avais 14 ans je n’avais pas le droit de me maquiller donc … ).
Et à cet instant j’ai su que c’est ça que je voulais faire : MAQUILLEUSE !

J’ai couru voir ma mère pour lui annoncer, elle m’a répondu : esthéticienne tu veux dire ?
ne sachant pas la différence j’ai dit oui et tout a commencé.

 

10 ans plus tard je suis écœuré de ce métier.

En fait je remercie ma mère qui d’une façon a sécurisé mon avenir en « m’obligeant » à passer un bac général au cas où le métier ne me plairait plus. Merci maman !
J’ai donc intégré un lycée général , passé un bac technologique option marketing ( pour pas dire STMG ) dans l’unique but d’avoir les compétences et connaissances nécessaire pour monter mon affaire. Durant toute mon année de 3eme et mes 3 années de lycées j’avais un seul et même objectif : ouvrir mon institut spécialisé dans les soins bio ( spoiler alerte je l’ai fait ) !

Me voilà donc nouvellement diplômé  du bac, intégrant enfin après 4 ans d’attentes, un école d’esthétique. La consécration !
Et pour être honnête j’ai A-DO-RE ! Je me levais chaque matins les yeux remplis de paillettes, je travaillais dur, je buvais les paroles de mes profs et je me rendais à mes stages avec joie !
Une années complète sans aucun week-ends ni vacances ( coucou les stages ), et j’étais tout simplement épanouie de pouvoir enfin faire ce que j’aimais.

Durant ma première année d’école , ( donc lorsque j’étais en CAP ) tout s’est extrêmement bien passé. Je découvrais un univers totalement inconnu pour moi avec ses règles strict qui me faisait rêver. J’avais envie de faire partie de ce monde de rigueur.
spoiler alerte je n’ai jamais réussis !

 

Vient la fin de mon année, je passe mon diplôme avec succès et déménage ailleurs pour la suite de mes études.
Je venais en effet de décrocher un contrat d’apprentissage dans une chaîne d’institut  pour préparer mon brevet pro, qui garantit plus de compétences.
C’est à ce moment-là que j’ai déchanté.

Harcèlement, méchanceté, moquerie, tâches ingrates, et mauvais traitement ( oui parce que m’obliger à nettoyer une tache de verni renversé au sol de la boutique avec seulement une éponge et du savon sans pouvoir utiliser du dissolvant parce que «  y en presque plus » et me regarder frotter à quatre pattes pendant que les clients me bousculent, tout en rigolant et en se moquant de moi et en osant me crier de me dépêcher j’appelle ça du mauvais traitement  ).
J’y suis restée deux mois au lieu de deux ans !
Je ne pouvais pas rester plus longtemps, j’y était pas à ma place.
Il y avait un décalage.
Je ne pourrais jamais m’intégrer dans une équipe de 9 nana aussi différentes de moi.
Je ne rentrais pas dans le moule ( ou cliché comme vous voulez ).
Je n’étais pas comme toutes les autres filles de mon âge qui étaient en esthétique.
Je n’avais pas d’extensions , pas de tatouages partout , je m’habillais avec des vêtements simple, je n’allais pas en boite et j’étais en couple depuis 3 ans.
J’étais à l’opposé d’elles. Je n’aime pas les généralités mais malheureusement dans ce milieu on pourrait croire à des clones et si tu n’es pas comme elles tu es vite repérée et éliminée .
On se croirait limite dans un film de science-fiction non ?

A partir de ce moment-là tout est allé très vite.
J’ai décidé de stopper mes études ( sans contrat pro c’était impossible de continuer  )
et je me suis lancée dans la réalisation de mon rêve : ouvrir mon institut.
je savais que jamais plus je ne pourrais bosser en institut en tant qu’employée.

Me voilà donc à 19 ans, gérante d’un petit institut spécialisé dans le BIO.
C’était quelque chose de très important, d’ailleurs je vendais déjà des lingettes lavables, et je réalisais mes soins avec des serviettes pour remplacer les éponges et mouchoirs jetables.
Je recyclais mes spatules jetables également et ne mettais le papier que lorsque c’était nécessaire.

Malheureusement 3 ans plus tard j’ai dû me faire une raison. Ça ne marchait pas.
C’était pas le bon endroit, le bon salon, la bonne ville, la bonne clientèle et peut être pas le bon moment.
Et Je suis tombée malade.

J’ai donc fermé en Mars 2018.

J’ai donc commencé à chercher un travail, affichant fièrement
( et naïvement )mon expérience sur mon CV ! QUELLE ERREUR !
J’ai passé des dizaines d’entretiens aussi désastreux les uns que les autres !
On m’a jugé sans me tester, le simple fait de voir que j’avais un institut depuis mes 19 ans les rebutait ! Jalousie peut être ?
Elles me sortaient des arguments aussi peu recherchés les uns des autres :


Trop jeune : marrant pour un institut qui embauche majoritairement des filles de moins de 25 ans sortant à peine des écoles.

Pas assez d'expérience : étrange pour un institut qui embauche seulement des apprentis et des jeunes diplômées ( je rappel que j'avais une expérience de 4 ans dont 3 ans à la tête d'un institut )


Trop gentille : oui oui on m’a dit que j’étais trop soucieuse de mes clientes et que je ne serais pas un élément rentable ! Pardon d’avoir un minimum d’éthique !

 

Trop grosse : oui , et même de la part de certaines clientes qui alimentent aussi cette dictature de la parfaite esthéticienne, j’ai donc été refusé car «  les clientes n’aiment pas filles grosses » .

 

Une fois j’ai même eu droit à une leçon de moral car mon CV n’était pas assez coloré, et n’avait pas de jolies décorations florales ! La très gentille dame accompagnée de son employée ( à deux on est plus fort pour humilier les gens c’est vrai ) m’a gentiment demandé de comparer mon CV neutre aux autres.
Il y avait eu un blanc car démunie, je ne savais pas quoi répondre.
Elles ont absolument voulu une réponse de ma part, comme si j’étais un enfant qui devait rendre des comptes.
C’était humiliant !
J’avais l’impression de rendre un devoir à un prof, je n’étais pas du tout considérée comme une adulte professionnelle mais comme une petite fille  qu’on engueule parce que je n’avais pas mis des cœur sur mon CV.

J’ai décidé d’arrêter définitivement. C’était trop.

Où que j’aille , on me refusait l’accès.
Pourtant j’étais passionnée , travailleuse et j’avais des compétences et connaissances nettement supérieur à certaines qui étaient prisent à ma place.
C’est ça qui est décourageant. Être refusé pour un motif bidon et voir qu’à la place on prend une nana avec moins d’expérience, moins de savoir être ( oui parce que venir en entretien en jean troué , chewing-gum et basket pour un métier d’apparat c’est quand même un manque de savoir vivre ) ou tout simplement une nana qui n'est pas passionnée mais juste assez belle pour vendre.

Alors je me suis faite une raison et j’ai arrêté.

Vous savez quoi ? J’ai eu la chance d’être acceptée dans un autre corps de métier pour un service civique.
Je n’ai jamais passé un entretien aussi intéressant et bienveillant de ma vie.
La personne en charge de mon recrutement, était impressionnée par mon parcours et pour la première fois depuis bien longtemps, on ne m’a pas reproché le fait d’avoir été patronne à 19 ans.
On ne m’a pas fait de leçon de « en même temps à 19ans tu étais trop jeune » et on ne m’a pas dit : «  si tu as fermé c’est peut être que tu es une mauvaise esthéticienne ! »


fun fact : c’est pas toujours les meilleurs qui réussissent ( y a qu’à regarder les instituts qui marchent le mieux  et vous le verrez  mais chut ).

En bref pendant 9 mois j’ai eu du plaisir à me lever, à être en contact avec les autres sans craintes du jugement, de la méchanceté, des obligations physiques et j’en passe.

 

Après cette expérience j’ai réessayé l’esthétique car j’ai beau le savoir, ce métier m’attire encore aujourd’hui.
Peut-être parce qu’il représente ce que je ne serais jamais.
( oui parce que rappelons-le, j’ai grandi à la montagne et j’ai passé mon enfance et adolescence à vouloir faire des bouillies de plantes dans la forêt pour soigner les animaux ).

J’ai toujours été passionnée par l’esthétique , alors que j’ai grandi au plein air , que je m’habillais avec les premières choses venues et que je passais mes journée d’enfant à jouer dans les champs.
Et je regardais ce monde urbain où les femmes étaient chic avec des yeux rempli d’espoir !

Peut-être que je me suis dirigé dans ce métier pour me rapprocher de celle que je n’étais pas.
Et c’est surement pour ça que je n’ai jamais réussi ( dieu merci ) à me cloner moi aussi !
Car au fond , je suis et je resterai toujours une fille de la nature !

 

Bon maintenant , plusieurs choses ont changés.  
J’ai pris beaucoup de recul et j’ai compris un certain nombre de choses très importantes.

  • Je ne serai jamais heureuse dans un métier comme celui-là :

 

Je ne le savais pas à l’époque mais parler de la pluie et du beau temps toute la journée, en esquissant un sourire niait c’est pas vraiment mon truc.
J’ai eu la chance de faire un service civique dans le social avec des personnes dans le besoin. Là j’avais l’impression d’aider mon prochain ! Là j’avais de vraies discussions , des discussions intéressantes et riches ! En neuf mois j’ai plus appris sur moi et sur la vie , qu’en 5 ans en institut, car tout le superficiel du métier parasitait le reste. J’étais dans une bulle de superficialité..

 

  • L’esthétique :
    il y a ce que tu crois et ce que c’est vraiment

Quand je discute avec des copines sur le métier, souvent les réactions sont les mêmes :
« Je pensais pas que c’était comme ça . »
je vais vous dire un scoop : moi non plus.

Outre les règles très strict et la rigueur de ce métier ( pas de bijoux, pas de tatouages, pas de piercing, coiffure impec , pas de talons , pas de jeans, pas de maquillage outrancier, pas de vernis etc etc ) il y a certaines choses dans le métier qui sont assez inconnues quand on y est pas les deux pieds déjà dedans.
Déjà sachez mesdames que lorsque vous sortez de votre soin , si vous êtes dans un institut un peu surpeuplé de jeunes esthéticiennes  et où les valeurs initiales du métier ne sont qu’une utopie , vous serez jugée !
Le nombre de fois que j’ai entendu : oh non pas la grosse qui pu de la gu**** , puis un «  bonjour madame  comment allez-vous , je suis contente de vous voir » écœurant.

Vous pensez d’ailleurs que dès lors que vous franchissez la porte d’un établissement , la paix et la bienveillance règnent ? BLAGUE !
Déjà si il y régnait pas la terreur entre collègue , ce serait un énorme pas !
Car oui les adorables esthéticiennes vont toujours vous accueillir sourire aux lèvres , elles vont toujours être agréables avec vous , mais entre elles ? c’est absolument pas ça.
qui fera le plus de ventes ? qui est la plus belle ? la plus mince ? qui a le plus de clientes fidèles ?
c’est la course à la meilleure et tous les coups sont permis ! même entre concurrentes !
 
Oui parce que même si j’ai aussi travaillé seule, j’avais quand même l’occasion de rencontrer certaines consœurs  le  voulant ou non, et certaines ont beaucoup d’audace  (Oui parce que  venir à l’institut , prendre RDV poser des questions assez précises , regarder les produits et distribuer des cartes de visites à l’intérieur de l’établissement devant moi  j’appelle ça de l’audace !)

Je me rappelle aussi de la fois où une gentille dame me téléphone en furie pour prendre un rdv de soin visage là tout de suite ! Nous étions samedi 12 h et je fermais à 15H .
Je programme donc à 13h et elle m’annonce dans le plus grand des calmes : « non on est deux ça sera deux rdv ! » ( avec un ton très agressif ) je programme donc le deuxième rdv de 14 à 15h.
autant vous dire que j’avais bloqué tout l’après-midi pour elles et avait donc refusé quelques rdv de dernière minutes.
Vous le voyez venir gros comme une maison , elles ne sont jamais venues.
J’ai su plus tard que c’était une pratique courante de certaines concurrentes du coin pour obliger certains institut à être complet «  dans le vent » afin de récupérer toute la clientèle de dernière minute.

En bref vous l’aurez compris c’est un milieu assez malsain !
La bienveillance  l’amour la paix et la relaxation qui sont prônées sont en fait une simple mascarade.

Et j’en viens à mon troisième point

 

  • L’influence et l’hypocrisie de l’esthétique

Qui n’a jamais entendu : «  vous avez de beaux cils madame par contre j’ai un conseil pour votre peau ». Chose que j’ai fait de nombreuses années.
Du marketing sous couvert de bienveillance et conseil beauté gratuit.
Combien de fois j’ai eu des clientes m’avouant qu’elles se rasent parfois, craintives que je les réprimandes !
NON NON NON ET NON !
JAMAIS , je n’obligerai quelqu’un à s’épiler !
L’épilation c’est un métier , et peut être dangereuse si elle n’est réalisée correctement, mais depuis quand on oblige quelqu’un à choisir cette option ?
Depuis quand on fais comprendre à une femme que les poils c’est sale, moche et que si tu es une femme et que tu as des poils tu n’es pas féminine ? ( bon depuis toujours c’est vrai )

Voilà ce que je trouve très grave avec l’esthétique c’est que la vitrine vous fait miroiter un endroit sain , bienveillant et chaleureux mais lorsque vous rentrez on vous injecte des idéaux féminins violents !
Je ne suis pas d’accord !
Combien de femmes m’ont dit qu’elles ne venaient pas en institut parce qu’il y avait toujours quelque chose sur elle qui n’allait pas ? Certaines se sont mise à complexer !
Pour beaucoup , ce moment pour elle  qui devait leur apporter calme et détente se transformait en état des lieux des « défauts » à corriger !
Alors je le répète mais si on ne nous demande pas conseil on ne doit pas imposer un soin/ traitement ! Qui te dit que la dame qui a des vergeture en est fière parce qu’elle les trouvent jolies car elles sont le résultat de la naissance d’un enfant miracle ?

Et qu’à force qu’on lui propose bien gentiment un soin pour corriger ce défaut elle se met à douter ? On ne devrait jamais ressortir d’un institut en étant complexé(e) ! Au contraire on devrait en sortir heureux et bien dans ses baskets ! Cela devrait être un moment qui nous recharge positivement nos batteries.


Quand j’ai voulu être esthéticienne , naïvement je pensais que c’était un monde où on aidait les femmes et les hommes  à se sentir bien dans leur corps et dans leur tête.
Malheureusement le fond est là mais la forme n’y est pas ( oui parce que le soucis c’est qu’on est persuadé de bien faire en disant à la dame qu’une petite crème anti vergeture serait bien et qu’elle se sentirait forcément mieux après )

On peut pas accueillir des adolescentes en leur expliquant qu’elles doivent venir tous les mois arracher leur poils parce que sinon ils vont se voir et qu’elles seront moquées , ou que c’est pas très féminin !
Non on devrait au contraire accompagner les femmes et les hommes à s’apprécier et à choisir d’eux même ce qu’ils veulent faire de leur corps !
On ne devrait pas influencer leur goûts mais les accompagner !
Mais vous savez quoi ? c’est pas vendeur.

Et oui , c’est pas lucratif de dire à une cliente : « vous voulez une routine beauté avec seulement un produit ? et vous ne voulez plus jamais vous épiler ? avec plaisir madame .»

Non il faut du chiffre , encore et toujours plus de chiffre et ça parfois au détriment de la personne !

Ah d’ailleurs messieurs vous êtes aussi visés ! Car comme beaucoup d’entre vous ne sont pas vraiment informés sur le monde des cosmétiques vous êtes les clients pigeons numéro 1 !
Oui oui !En même temps  c’est normal, quand un homme vous dit :
«  je recherche un cadeau pour ma femme mais je n’y connait rien »
 ça serait bête de pas en profiter pour lui vendre un coffret avec en plus quelques complément parce que «  sinon ça marchera moins bien » ! Et croyez-moi, des hommes naïfs dépensant une fortune pour des produits identiques ou pas nécessaires j’en ai vu beaucoup !

Vous allez me dire que c’est le commerce et qu’il faut bien faire des ventes pour remplir le frigo et je suis totalement d’accord !
Mais cela ne doit pas entacher notre éthique.
En ce qui me concerne j’ai toujours respecté mon éthique personnelle.
( j’ai d’ailleurs un jour envoyé un client chez un concurrent car je n’avais pas la crème qu’il recherchait , bien sûr j’ai eu un avertissement du patron qui n’en avait rien à faire que ce monsieur cherchait quelque chose que nous ne vendions pas «  tu aurais dû lui vendre autre chose, même si ça lui convient pas » )

Nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement en ce qui concerne notre appropriation corporelle à tous et à toutes, et je vois encore des vitrines avec des jolies images retouchées de femme de trente ans pour une crème anti ride ( pour un public visé de 50 ! très intelligent pour bien implanter qu’être âgée n’est pas acceptable ni pour être représenté en photo ni pour être représenté tout court ) ou bien des slogans  expliquant qu’il faut éradiquer la cellulite parce que c’est grave d’en avoir et disgracieux. Si c’est grave alors 80% de la population féminine est malade.

Ou bien passer devant un institut affichant fièrement un décors zen ( vous voyez tous ce genre de décors très esprit méditation , zen , cascade, encens qui brule  etc etc ) et quand on voit la carte de soins très accès sur l’amincissement avec des phrases accrocheuses «  dites adieux à vos 5kg superflus pour révéler  votre vraie beauté » , ou bien des soins anti cellulite avec une image bien retouché où visiblement la mannequin n’a même plus de reliefs sur sa peau !
Cela parait très insignifiant , peut-être parce qu’on a l’habitude aujourd’hui mais il faut voir le problème autrement.

Est-ce que si l’on voyait moins d’articles sur comment maigrir , si l’on voyait moins de publicités sur une crème anti cellulite ou sur tel produits anti vieillesse , si on nous disait moins qu’à l’approche de l’été il fait avoir la peau lisse et douce , peut-être qu’on y penserai moins ?
Peut-être qu’on ferait moins attention à ces détails ?

C’est tout sauf bienveillant d’implanter dans l’esprit des gens «  ALERTE LA CELLULITE C’EST QUELQUE CHOSE A CORRIGER » et je trouve cela très hypocrite de véhiculer une image d’établissement zen en prônant l’amour , la paix et la bienveillance tout en nourrissant les fantasmes d’une société archaïque qui veut que chaque femme réponde à un seul critère physique et intellectuel. Et que si par malheur certaines femmes diffèrent , elles doivent changer. C’est tout sauf bienveillant.

Et c’est ça le piège. On donne notre confiance à des professionnels qui vont placer un discours marketing / sexiste / archaïque enrobé dans un décors zen et bienveillant. 
Vous ne vous sentirez pas jugé , pas oppressé , pas obligé de changer qui vous êtes  alors qu’en réalité vous le serez sans le savoir.


Aujourd’hui je trouve que ce n’est pas cohérent.
Je trouve qu’on s’y prend mal .
Le message ne devrait pas être  : pour être heureuse vous devait sentir bon , être toute douce et sans rides ni vergetures ni cellulite et être mince et bronzées         ( mais pas trop sinon ça plait pas  ) !
Non le message devrait être : pour être heureuse restez vous-même , aimez-vous , suivez votre instinct car vous seules savez ce qui est bon pour vous !

Epiler, faire des soins anti ride , cellulite ou amincissant n’est pas grave je dirai même que c’est bien , du moment que la personne le fait parce qu’ELLE a envie et non pas parce qu’on lui a dit qu’elle DEVAIT le faire !

 

Vous savez j’ai toujours eu du mal à avoir un discours fermé , et mes clientes étaient je pense assez heureuse de ma façon de travailler.
Je prenais le temps de discuter avec elle, je ne les obligeait jamais en rien, et je n’avais aucun discours normé sur le corps ! Au contraire , j’ai parlé à de nombreuses reprises des poils, du fait que ce n’est pas sale , que cela peut être féminin si VOUS avez envie que ça le soit !

Certaines étaient dégoutées , ce qui peut s’expliquer par deux raison , soit elles étaient trop embrigadées dans la pensée collective des poils , soit elles aimaient vraiment pas ça et dans les deux cas c’était leur opinions et je le respectais, c’était LEUR vision du poil ! certaines étaient intriguées , et d’autres soulagées que quelqu’un en parle et se sont enfin libérées 
Elle n’ont pas déserté l’institut pour autant , seulement elles venaient pour autre chose !

 


L’esthétique c’est un métier merveilleux ! On a le pouvoir d’aider les gens à s’aimer, à se relaxer l’espace d’une heure, à se faire plaisir en se faisant les ongles.
On a le pouvoir de sublimer la beauté des gens avec des choses futiles comme du maquillage, vernis, soins en tout genre et même épilations, et on a aussi le pouvoir de sublimer la beauté de gens en les écoutant, en les respectant, et leur faisant sentir qu’ils sont merveilleux.
Ça devrait être comme ça !


Un lieu , où les standards de beauté n’existent pas, chacun apporte sa touche personnelle.
Un lieu où ce n’est pas l’argent qui dirige nos ventes mais le cœur !
Un lieu ou lorsque tu ressors tu te sens plus fort que lorsque tu es rentré et pas parce que tu es venue te faire épiler parce qu’il faut le faire , mais parce que tu en avais envie et que ça te procure du bien être !

Un jour cet institut existera peut être ?
En tout cas j’espère avoir la chance d’ouvrir un lieu à mi-chemin entre le salon de thé- boutique zéro déchet avec ma marque Beauté de lune et institut ! Où chaque personne recevra des conseils personnalisés en fonction de ses envies , où tout sera minimaliste car pas besoin de 150 crèmes pour être belle !
Un lieu où régnera enfin la bienveillance et la paix.
Le lieu que je me suis toujours imaginé mais que je n’ai encore jamais connu.   

 

Avec amour

Eloïse

 

 


 

3 commentaires

  • Superbe article, je cherchais des témoignages des esthéticiennes pour mieux comprendre le métier.. Tu l’as vraiment très bien expliqué.
    Par contre, en effet selon les instituts les ambiances sont différentes et ça se ressent en tant que cliente..
    A 28 ans on m’a proposé une crème « jeunesse » puis la vendeuse m’a dit que c’était nécessaire maintenant a mon âge pour éviter les rides..
    bref ce côté « vente » casse l’aspect « bien-être » on pourrait passer un excellent moment mais ce n’est pas le cas…

    Celine
  • Un très bon article, grand merci https://www.medespoir.ch
    Espoir
  • Bonjour Éloïse,
    Le message que tu partages à travers ce poste est très beau. J’ai moi-même été confrontée à la “vente de complexe”, j’ai une cicatrice de varicelle sur un sourcil, ce qui me fait un “trou” dans le sourcil…. un jour en allant me faire épiler les sourcils, l’esthéticienne me propose un crayon à sourcils, c’était la 1ère fois que je voyais cet outils de maquillage et l’esthéticienne qui se transforme en commerciale en me disant : " comme ça vous pourrez cacher ce trou qui ne fais pas joli, je vais vous montrer " je te rassure, je n’ai pas céder, j’aime bien cette cicatrice, elle me fais rire, elle me rappelle mon enfance, je n’ai pas envie de cacher cette marque du bonheur innocent d’un enfant…. mes complexes ne m’empêchent pas de vivre pleinement et de goûter au bonheur, même si une esthetico-commerciale me dit le contraire!!!
    Bises, Amandine.

    Amandine P.

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